pistolet sig p210
Armes de poing

TEST – Le SIG P210

SIG P210, le meilleur pistolet militaire

En allant à mon stand de tir favori, j’ai eu la chance d’avoir entre les mains un pistolet militaire suisse bien connu des tireurs, mais hélas bien trop rare. Je veux bien sûr parler du SIG P210, qui est sans doute le meilleur pistolet d’ordonnance de son temps. C’est un ancien avec qui j’ai sympathisé qui m’a prêté son exemplaire, et m’a laissé tirer un chargeur. J’aurais bien aimé passer l’après-midi avec le SIG ! Mais même si j’avais pu, ce n’est pas une arme avec laquelle on peut se permettre de tirer des milliers et des milliers de balles comme avec un Glock. Il s’agit là d’une arme de collection, réservée aux amateurs les plus passionnés.

SIG P210 avec holster
Un Magnifique P210 militaire avec son holster au même numéro (source : mar25 sur Reddit)

Le développement du P210

A la fin des années 1930, les suisses anticipaient déjà l’obsolescence du Luger P06 : le mécanisme était assez complexe, cher à fabriquer et la cartouche 7.65 était peu puissante. Ils commencèrent donc à aller voir ce qui se fait chez les voisins, et finirent par s’intéresser au pistolet français modèle 1935A. Le concepteur Charles Petter, ingénieur franco-suisse, revendit le brevet de son pistolet automatique à la firme SIG en 1937, qui le perfectionna. La prise en main était plus ergonomique, les organes de visée améliorés et la détente plus douce.

SACM 1935A
Le pistolet M1935A dont le P210 est inspiré. On constate une grande ressemblance entre les deux

Le SIG P210 était prêt à la production dès 1944, mais cela a été retardé avec la guerre. Finalement, les premiers pistolets sortirent d’usine en 1947. Puis adoptés officiellement par les armées suisses et danoises en 1949 sous les dénominations respectives « Pistole 49 » et « M/49 ». Les 500 premiers modèles furent distribués aux douanes suisses, et sont de nos jours particulièrement rares et prisés des collectionneurs. Pour déterminer l’origine d’un pistolet en particulier, il suffit de voir le numéro de série :

    • Ceux qui ont un « A » devant les numéros sont des modèles militaires suisses
    • Ceux qui ont un « P » devant les numéros sont des modèles commerciaux
    • Ceux qui n’ont pas de lettre devant le numéro sont des modèles militaires danois, reconnaissables également grâce à la couronne gravée sur la glissière

Ses caractéristiques

Il s’agit d’un pistolet qui tire en simple action uniquement, avec un mécanisme semblable au Colt 1911. Son chargeur en simple colonne très fiable contient 8 cartouches de 9mm Parabellum. Mais ce qui rend le SIG P210 exceptionnel, c’est sa qualité de fabrication. En effet, le contrôle qualité à la sortie de l’usine est très supérieur à ce qu’on pourrait exiger d’une arme de service. Le design est également optimisé au maximum pour la précision. Contrairement à la plupart les pistolets automatiques, la glissière coulisse à l’intérieur du rail de la carcasse. Ainsi, le jeu entre les parties fixes et mobiles est pratiquement inexistant. Cet assemblage très serré mais aussi très fluide, apporte au P210 une grande régularité lors du tir et contribue fortement à la précision. Le bloc-platine est amovible (à la manière d’un Tokarev), ce qui facilite davantage l’entretien. Une procédure très importante car les militaires suisses peuvent recevoir une amende lorsque leur arme est mal nettoyée !

P210 partiellement démonté
Le P210 partiellement démonté, avec son bloc-platine amovible

Mon expérience avec l’arme

Le P210 que j'ai essayé à mon stand de tir
Le P210 que j’ai essayé à mon stand de tir

Le P210 que j’ai eu l’occasion de tester est un modèle commercial destiné au marché civil. Malgré le fait qu’il date des années 1960, le bronzage d’origine est très bien conservé et les plaquettes en bakélite semblent neuves. L’arme a une excellente prise en main, et m’a semblé assez lourde et stable. La hausse est réglable de type match, ce qui offre une bonne acquisition de la cible. Mais ce qui m’a vraiment surpris c’est la détente : très filante (j’avais l’impression que mon index parcourait une distance marathonienne) avec aucune bossette et un départ extrêmement sensible. Je n’ai jamais rien testé de comparable à celle-ci. Le seul défaut est à mon avis l’arrêtoir de chargeur en forme de talon situé sous la poignée, qui m’a paru peu pratique et fragile.

Pour conclure, le SIG P210 est comparable à une montre suisse. Il respire la qualité, coûte un bras (entre 2000€ et 3000€ selon l’état de l’arme) et offre une précision hors pair. Malheureusement, cela ne m’a pas empêché de faire un carton minable… Comme quoi, l’arme ne fait pas tout !

Sig P210 target
Le P210 est encore fabriqué de nos jours par SIG-Sauer car très apprécié des tireur sportifs. Ici une version civile finement gravée avec un bouton-poussoir pour libérer le chargeur