Soldat tenant un Galil
Armes d'épaule

Le Galil

Le Galil : La plateforme AK revisitée

 

     Contexte de tensions

Le Galil, célèbre fusil d’assaut israélien, trouve son origine pendant la Guerre des Six Jours. Ce conflit opposa Israël à une coalition de plusieurs pays arabes (Egypte, Syrie, Jordanie et Liban) en 1967. Cette guerre créa le besoin chez l’état hébreux, de s’équiper de fusils plus adaptés au combat en milieu désertique. En effet, les soldats israéliens étaient armés de fusils belges FN FAL, relativement lourds (4,75 Kg ) et qui tiraient une munition 7.62 OTAN. Cette dernière génère un recul important, et limite la contenance des chargeurs à seulement 20 coups.

Dans le camp adverse, les soldats arabes, étaient équipés de fusils d’assaut AKM soviétiques bien plus efficients : Plus légers (3,6 Kg), moins chers, chargeurs plus grands (30 coups), avec un recul moindre. Peu de temps après la Guerre des Six Jours, Israël lança un appel d’offre entre plusieurs firmes pour la création d’un nouveau fusil d’assaut, et le gagnant fut IMI (Israel Military Industry).

L’inventeur du Galil, Yisrael Balashnikov (Rien à voir avec Mikhail Kalashnikov… Mais quelle coïncidence tout de même !) était un immigré russe qui s’engagea en 1940 dans l’armée britannique puis dans la Haganah, une organisation paramilitaire juive, avant de travailler pour IMI en 1948, peu après la création de l’Etat d’Israël. Balashnikov s’inspira des AKM capturés durant le conflit, mais l’armée préférait adopter le calibre 5.56 OTAN plutôt que le 7.62x39mm russe. Pour ce faire, il fit construire les premiers prototypes de Galil à partir de boîtiers AK, sur lequels étaient montés un canon et un chargeur de Stoner 63. A partir de cette base, Balashnikov ajouta des éléments qui vont considérablement améliorer son fusil. Ces améliorations étaient à la fois ergonomiques et fonctionnelles.

 

Le fusil d'assaut Galil
Le fusil d’assaut Galil dans sa configuration militaire standard

 

     Les valeurs ajoutées du fusil Galil

Pour fabriquer des modèles plus aboutis, Balashnikov s’inspira également d’une autre arme : le RK 62. Il s’agissait d’AK revalorisés, fabriqués par Sako et Valmet, gage de grande qualité. Finalement, le RK 62 fut choisi comme base pour le Galil : En effet, les tout premiers boîtiers du fusil israélien étaient fabriqués en Finlande !

Différents éléments ont été ajoutés à cette base, et constitueront la valeur ajoutée du fusil Galil. Tout d’abord, les organes de visée sont bien meilleurs que ceux de l’AK : La hausse est constituée d’un oeilleton ramené à l’arrière du fût et le guidon est ajustable en dérive. De plus, ils sont luminescents au tritium, ce qui est très utile pour les combats nocturnes. Le canon est équipé d’un frein de bouche qui permet également de lancer une grenade (avec des munitions adaptées). Un bipied pliant se trouve sous le fusil avec notamment deux fonctions fort utiles : un coupe-barbelés à l’avant, et un décapsuleur à l’arrière ! Cette fonction a été mise en oeuvre car les soldats avaient pour habitude d’ouvrir leurs bouteilles avec les lèvres d’un chargeur, ce qui les abîmait et pouvait causer des problèmes d’alimentation.

La partie supérieure du Galil comprend une poignée de transport (ou carry handle ) à l’instar du FAL ou du M60. Le levier d’armement est rendu plus ergonomique grâce à une extension vers le haut. De plus le sélecteur de tir est ambidextre, ce qui est une innovation notable pour l’époque. Le système d’emprunt de gaz a été simplifié pour le démontage et le boîtier est usiné pour l’installation d’un rail sur lequel on peut monter une optique. Autre avantage : le chargeur peut contenir 35 balles (+1 dans la chambre) de calibre 5.56.

Extrait du manuel D'instruction du Galil
Le manuel d’instruction (en hébreux) indique comment utiliser le bipied efficacement !

 

     Le Galil de nos jours

Le Galil a été adopté officiellement par l’armée israélienne en 1972 et mis en service en 1974, au côté des M16 achetés aux américains. Ces fusils sont toujours en service de nos jours, car très appréciés par les militaires et largement éprouvés lors des combats. Plusieurs variantes ont été développées par la suite. On peut citer la version 7.62 OTAN de 1983, destinée à l’export et au marché civil : Ce modèle rencontra un franc succès parmi les armées Sud Américaines (Colombie, Chili, Costa Rica, Bolivie,…) et Africaines (Cameroun, Côte d’ivoire, Djibouti,…). Une version destinée aux tireurs d’élite a été mise en service sous le nom de Galatz.

Il s’agit d’une arme de qualité, robuste et précise malgré un poids supérieur à un fusil de sa catégorie (4,6 Kg contre 3,4 Kg pour un M4 par exemple). Le galil est populaire parmi les tireurs sportifs, notamment dans ses versions récentes comme le Galil ACE, très modulable grâce aux rails picatinny, mais aussi plus léger. Ce fusil a encore de beaux jours devant lui, et sa bonne réputation lui a valu une forte popularité au sein de différentes armées dans le monde.

Fusil de sniper Galatz
Le Galatz, version en dotation chez les tireurs d’élite
Galil ACE 21
Le Galil ACE dans sa configuration moderne à canon court